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Peut-on Manger du Thon en Boîte : les Risques à Connaître

Vous avez une boîte de thon dans votre placard et vous hésitez. Est-ce vraiment sans risque de la manger ? On entend de plus en plus de choses sur le mercure et les métaux lourds dans les poissons. Comment savoir si c’est dangereux pour votre santé ?

Ce guide vous donne une réponse claire et directe sur la consommation de thon en boîte. Nous allons voir ce que disent les études récentes et les autorités sanitaires pour que vous puissiez faire le bon choix, pour vous et votre famille.

Pourquoi le thon en boîte contient-il du mercure ?

Le problème ne vient pas de la conserve elle-même, mais du poisson. Le thon contient du mercure parce qu’il se trouve tout en haut de la chaîne alimentaire marine. Le processus est simple à comprendre et s’appelle la bioaccumulation.

Voici comment ça marche :

  • La pollution industrielle et naturelle relâche du mercure dans les océans.
  • Des bactéries transforment ce mercure en méthylmercure, une forme très toxique.
  • Le plancton et les petites algues absorbent ce méthylmercure.
  • Les petits poissons mangent le plancton et accumulent le mercure dans leur organisme.
  • Les poissons moyens mangent les petits poissons.
  • Le thon, un grand poisson prédateur, mange ces poissons moyens.

À chaque étape, la concentration de mercure augmente. Un thon qui a vécu plusieurs années a accumulé le mercure de tous les poissons qu’il a mangés durant sa vie. C’est pour ça que les gros poissons prédateurs ont une teneur en mercure plus élevée que les petits poissons comme les sardines.

À retenir : Plus un poisson est grand et plus il est haut dans la chaîne alimentaire, plus il est susceptible de contenir du mercure. Le thon est un des prédateurs les plus concernés par ce phénomène.

Quels sont les risques réels pour la santé ?

Le méthylmercure est un neurotoxique puissant. Ça veut dire qu’il attaque le système nerveux. Une consommation excessive et répétée de poissons contaminés peut poser de vrais problèmes de santé. Les autorités sanitaires ont fixé un seuil, une dose à ne pas dépasser pour se protéger.

Les risques ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Les populations les plus vulnérables doivent être particulièrement prudentes. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) alerte régulièrement sur ces dangers.

Le danger principal pour les femmes enceintes et les enfants

C’est le point le plus critique. Le méthylmercure traverse la barrière du placenta et peut affecter le développement du cerveau du fœtus. Pour les femmes enceintes, une exposition même faible peut avoir des conséquences sur le futur bébé.

Pour les jeunes enfants, jusqu’à l’âge de 10 ans environ, le système nerveux est encore en plein développement. Il est donc très sensible aux effets toxiques du mercure. La consommation de thon doit être très limitée, voire évitée pour les plus petits.

  • Risques pour le fœtus : Retards de développement neurologique, troubles de l’apprentissage.
  • Risques pour les enfants : Impact sur la mémoire, l’attention et les capacités motrices.

Et pour les adultes en bonne santé ?

Pour un adulte, le risque est plus faible, car le système nerveux est mature. Le danger vient d’une exposition chronique et élevée. Manger du thon tous les jours pendant des années pourrait entraîner une accumulation de mercure dans le corps.

Les symptômes d’une intoxication au mercure chez l’adulte peuvent inclure :

  • Des troubles de la mémoire et de la concentration.
  • Une sensation de fourmillements dans les mains et les pieds.
  • Des problèmes de coordination.
  • Dans les cas les plus graves, des atteintes aux reins.

L’idée n’est pas de paniquer, mais de comprendre que la modération est la clé. Manger du thon une fois de temps en temps ne pose généralement pas de problème. C’est l’habitude d’en manger plusieurs fois par semaine qui peut devenir risquée.

Recommandations officielles : quelle quantité manger sans danger ?

Pour y voir plus clair, les autorités sanitaires comme l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) ont émis des recommandations précises. L’objectif est de profiter des bienfaits du poisson (richesse en oméga-3) tout en limitant l’exposition aux contaminants comme le mercure.

Le tableau ci-dessous résume les recommandations officielles de l’Anses pour la consommation de thon et autres poissons prédateurs. C’est le guide à suivre pour une alimentation sans risque.

Population Recommandation de consommation pour le thon Autres poissons prédateurs à limiter/éviter
Adultes en bonne santé Jusqu’à 2 portions de poisson par semaine, en variant les espèces. Une portion de thon est acceptable dans ce cadre. Limiter la consommation d’espadon, marlin, siki, requin et lamproie.
Femmes enceintes/allaitantes ÉVITER la consommation de thon pendant toute la grossesse et l’allaitement. INTERDITS : Espadon, marlin, siki, requin, lamproie.
Enfants de moins de 3 ans ÉVITER la consommation de thon. INTERDITS : Espadon, marlin, siki, requin, lamproie.
Enfants de 3 à 10 ans Limiter très fortement la consommation. Pas plus de 60g par mois et en l’absence d’autres poissons prédateurs. Limiter au maximum tous les poissons prédateurs sauvages.

Le message des autorités est clair : la diversification est la meilleure protection. Ne mangez pas toujours les mêmes poissons. En alternant entre poissons gras à faible risque (sardines, maquereaux) et poissons maigres, vous minimisez votre exposition aux contaminants.

⚠️ Point de vigilance : Les recommandations de l’Anses sont basées sur le principe de précaution. Pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, le risque est jugé suffisamment important pour recommander l’arrêt total de la consommation de thon.

Comment bien choisir son thon en boîte pour limiter les risques ?

Même si le risque zéro n’existe pas, quelques astuces permettent de choisir un thon en conserve potentiellement moins chargé en mercure. Tout est une question de taille et d’espèce.

Privilégiez les plus petites espèces de thon

Il n’y a pas un seul « thon », mais plusieurs espèces différentes. Celles-ci n’accumulent pas le mercure de la même manière. La règle est simple : plus le thon est petit, moins il est contaminé.

  • Le thon listao (ou skipjack) : C’est l’espèce la plus petite et celle qui a la durée de vie la plus courte. Il a donc moins de temps pour accumuler du mercure. C’est le choix le plus sûr pour le thon en boîte. Il représente plus de la moitié des conserves vendues.
  • Le thon albacore (ou yellowfin) : Il est plus gros que le listao et vit plus longtemps. Sa teneur en mercure est donc plus élevée.
  • Le thon germon (ou thon blanc) : C’est une espèce de grande taille, souvent vendue plus chère. Sa concentration en mercure est généralement la plus importante des trois.

Regardez bien l’étiquette sur votre conserve. Si l’espèce est précisée, choisissez le thon listao en priorité.

Variez les marques et les origines

La pollution au mercure n’est pas uniforme dans tous les océans du monde. Même si l’information est rarement disponible pour le consommateur, varier les marques de conserves et les zones de pêche peut aider à ne pas s’exposer toujours à la même source de contamination.

L’enquête menée par les ONG Bloom et Foodwatch en octobre 2024 a montré que la contamination était très répandue, mais avec des niveaux variables. Changer de marque régulièrement est une bonne habitude.

Conseil pratique : N’hésitez pas à remplacer une de vos portions de thon par d’autres poissons en conserve. Les sardines, maquereaux et harengs sont d’excellentes alternatives. Ils sont riches en oméga-3 et, étant petits et en bas de la chaîne alimentaire, ils sont très peu contaminés par le mercure.

FAQ – Vos questions sur le thon en boîte et le mercure

Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur la consommation de thon en conserve.

Le thon frais est-il moins risqué que le thon en conserve ?

Non, le risque est exactement le même. Le processus de mise en conserve ne rajoute ni n’enlève de mercure. Le danger vient du poisson lui-même, de son espèce et de sa taille. Une tranche de thon frais d’une grosse espèce (comme le thon rouge) peut même être plus contaminée qu’une boîte de thon listao.

Quels sont les meilleurs poissons à manger en alternative ?

Les meilleurs choix sont les petits poissons gras. Ils sont excellents pour la santé car riches en oméga-3 et pauvres en contaminants. Pensez à intégrer régulièrement :

  • Les sardines
  • Les maquereaux
  • Les harengs
  • Les anchois

Toutes les marques (Petit Navire, Saupiquet…) sont-elles concernées ?

Oui, toutes les marques sont potentiellement concernées, car le problème est lié à la matière première : le poisson. La contamination dépend de l’espèce de thon utilisée et de la zone où il a été pêché, pas de la marque qui le met en boîte. C’est pour cette raison qu’il est recommandé de varier.

Est-ce que le thon « bio » contient moins de mercure ?

Non, le label bio ne garantit pas une absence de mercure. Le label bio certifie que le poisson n’a pas été nourri avec des farines OGM et que les conditions de pêche respectent certaines règles environnementales. Mais il ne peut rien contre la pollution globale des océans. Le mercure est présent partout, donc un thon bio est exposé de la même manière qu’un thon non bio.

Alors, on peut manger du thon en boîte ou pas ?

Oui, un adulte en bonne santé peut manger du thon en boîte. Mais il ne faut pas en faire un aliment de base. La clé est la modération et la diversification. Considérez la boîte de thon comme une option pratique une fois de temps en temps, et non comme votre source principale de poisson.

Pour les femmes enceintes, allaitantes et les jeunes enfants, le message est différent : le principe de précaution impose d’éviter le thon. Les risques pour le développement du système nerveux sont trop importants. Heureusement, il existe de nombreuses alternatives saines et sûres comme les sardines ou le maquereau pour profiter des bienfaits du poisson.

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